Sinsanity

25 octobre 2006

USS Nightmare

Vendredi 20 Septembre, nous embarquâmes à bord d'un bus jaune de l'école pour nous rendre sur les lieux hantés des quais de l'Ohio River. Rendez-vous fut pris à 19h, et à 20h30 (au bas mot), nous arrivâmes devant une construction massive, mi-péniche mi-barge, amarrée aux pieds de Newport on the Levee, un de leurs fameux malls.
L'USS Nightmare est une attraction spécialement installée pour la période d'Halloween, et qui se veut un bateau habité par des fantômes, goules, gobelins et autres Bernard Menez. Munis de nos ticket orange (la couleur du marketing automnal), nous pénétrons dans une file d'attente version mini-Disneyland, très très fournie en gamins surexcités. La simple vue du public patientant à nos côtés nous rassure sur notre idée première, à savoir: on va trop se marrer devant le ridicule des costumes et des décors kitsch à souhait supposés nous effrayer.
Des petits groupes de 6 rentrent dans l'attraction, nous étions donc accompagnés par deux gamines de 13 ans, elles aussi au paroxysme de l'excitation. Et là, c'est le drame...
Comment dire, eh bien ça faisait vraiment flipper à mort. Le parcours dure 20 petites minutes, et doit comporter au bas mot une trentaine de figurants costumés et maquillés, leur seul but étant de vous foutre les chocottes.
Mes passages préférés:
1. La chambre froide avec une vingtaine de cadavres emballés dans des sacs plastiques pendant du plafond. On ne connait pas la sortie, il faut donc se frayer un chemin à travers ses cadavres, bien sur l'un deux est un comédien et se met à crier comme un putois.
2. La salle d'opération sanglante: brancards, pansements et couteaux de cuisine jonchent le sol. J'avance en bon chef de file, et un chirurgien sort en hurlant d'une porte située en face de moi.
3. La chambre de la gamine psychopate contenant des poupées éventrées, démembrées. Cachée derrière une cloison la coquine, elle sort brusquement en tenant un bras à la main, et te chuchote à l'oreille: "My dad told me to stop, but..."
4. La sortie, grand moment de joie, nous nous précipitons, et un salaud sort à toute vitesse en tenant une tronçonneuse. Affreux.

Bilan: on peut me traiter de gonzesse, je m'en fous, ça foutait vraiment la trouille. Une certaine Française dont je tairais le nom a quand même appellé sa maman à plusieurs reprises. Les deux connasses entrées avec nous se sont servis de mon corps comme bouclier, ces petites relous s'aggripaient fermement à mon manteau et tournaient autour de moi dès qu'il y avait un monstre. Les connes.

12 octobre 2006

Grand jeu concours Sylvain Augier

Avis à tous mes amis,
Je lance un grand jeu concours dont le but est de me fournir une idée de weekend autour de Cincinnati. Les conditions sont les suivantes:
1-distance en voiture inférieure ou égale à 5h de route.
2-l'endroit doit être typiquement américain, et apporter un plus au niveau de l'expérience personnelle acquise au cours de ce semestre.
3-on doit pouvoir s'occuper pendant une durée de trois jours environ.

Voila toutes vos recommendations son attendues en commentaire. Evitez autant que possible le mauvais esprit du genre Cincy c'est nac, etc...

11 octobre 2006

Les lévriers américains ne sont pas des flèches

En guise d'introduction à notre voyage initiatique vers les sources du pouvoir US, je présente ce formidable moyen de transport de l'homme moderne qu'est le bus Greyhound.
Pour nous rendre à Washington DC, nous avons emprunté le bus Greyhound au départ de Cincinnati. Partis Jeudi soir à 20h50, notre tournée de l'Est passait par les Clermont-Ferrand et Blois locaux, à savoir Colombus et Pittsburgh. Insoucients que nous étions, nous n'avions pas pris connaissance des étapes et des temps d'attente. Leur découverte n'en fut que plus savoureuse. Pour vous figurer le trajet, mettons le à l'échelle de la France. Cincy-Wash, c'est un peu Paris-Toulouse. Nos étapes nous ont amené à Columbus (Nantes) puis à Pittsburgh (Bordeaux). Assez compliqué comme trajet et surtout extremêment long.
16h ont donc été nécessaires à l'aller. Précisons que nous roulions depuis une vingtaine de minutes quand le bus a décidé de faire demi-tour pour retourner à la gare routière, quelqu'un est descendu et nous sommes repartis sans plus d'explication. Les Américains ont donc cette différence avec nous: personne ne s'est levé pour manifester avec véhémence son mécontentement, alors que le chauffeur de bus en France se serait vite retrouvé enfermé dans la soute pieds et poings liés.
Puis les payasages défilent dans le noir le plus complet, la lumière ayant été proscrite pendant tout l'aller. Arrivée à Columbus vers 1h où deux hommes se battent gentiment dans la gare, 1h d'attente.
Arrivée à Pittsburgh vers 4h. Rien d'intéressant. Départ à 5h environ. Et là le gros morceau du parcours vient de démarrer: arrivée à Wash prévue à 12h. Tout le monde pionce, on s'ennuit et on fait des arrêts improbables et inutiles dans l'aire de La Ferté Bernard locale.
Le retour se passa beaucoup mieux, des bus neufs ou presque furent nos destriers pour le retour au bercail.

Précisons enfin que les places dans les bus Greyhound ne sont pas réservées, ils pratiquent le surbooking, et on ne sait jamais si un ou deux bus prendront le départ. Cette incertitude et peur de rester comme deux ronds de flan au milieu de nulle part est une source d'angoisse intarissable.

Conclusion: Greyhound, c'est pas cher, mais c'est quand même chiant. Comme tout ce qui n'est pas cher vous allez me dire. Conduire une caisse doit être trippant mais moins pour celui qui a le permis.

02 octobre 2006

Système éducatif américain

Un petit post un peu plus sérieux (ou presque) pour décrire dans les grandes lignes le système éducatif américain tel que nous, français, le percevons. Premièrement, le système d'achat des textbooks se révèle être un bordel inommable; les livres de cours sont indispensables, et coûtent extrêmement chers, l'ensemble des dépenses annuelles de tous les étudiants américains pour ces saloperies doit certainement dépasser le PIB du Costa Rica.
Ainsi, en recevant nos emplois du temps, nous nous sommes regardés avec un sourire en coin voulant dire: "Chouette, nous n'allons pas gaspiller notre temps dans ces locaux, dès lors nous pourrons dégager du temps personnel pour effectuer toutes sortes d'activités." Et bien une matière suffit déjà à ruiner le budget, alors quatre !! Il faut compter entre 60 et 150$ environ pour un livre neuf, un livre de seconde main étant très rarement disponible à plus de 25-30% de réduction.
Là où le système devient très très rigolo, c'est qu'il faut lire des chapitres entiers de ces mêmes livres avant d'arriver en classe. Un chapitre peut atteindre 40 pages. Et là où je me tape le cul par terre, c'est qu'il arrive que des professeurs dispensent leur cours uniquement en se contentant de résumer les pages lues par les élèves. On assiste donc effarés à des cours où un professeur résume SON livre, se gardant bien de nous remercier pour toutes les royalties qu'il touche avec l'achat de 50 bouquins. Certains professeurs ponctuent chaque séance d'un quizz merdique sur les pages à lire, d'autres s'en foutent complètement, on comprend donc rapidement les cours pour lesquels il est nécessaire de lire.
Pour une somme aussi astronomique, ma chère Thérèse, qu'y a t-il dans ces fameux livres ? Je ne vous cache pas que j'envisage sérieusement de photocopier quelques passages. Peu importe la matière, les exemples fournis en guise d'illustration d'un élément théorique ne peuvent concerner que trois choses: les boissons (Coca-Cola vs PepsiCo), la nourriture (fast-foods), et le dentifrice (Crest, Colgate...). Cela est symptomatique de leur obsession de la nourriture, les rédacteurs des livres doivent être persuadés que pour intéresser un élève, il faut l'appâter en parlant de nourriture. Ensuite, le ton général est assez surprenant, il est très familier, pas du tout didactique, on a l'impression de lire le compte-rendu écrit d'un cours.
Dans l'ensemble, le niveau général des élèves est plutôt correct, comparable à ce que j'ai pu voir à Audencia, à cette différence près qu'on sent qu'un exemple ou une illustration issue d'ailleurs que les USA leur passe à 10 kilomètres au dessus de la boîte à fusibles.
Enfin, aujourd'hui dans un amphi d'une 50aine de personnes, une fille avait ramené son gamin. Il devait avoir un an à tout casser et n'arrêtait pas de brailler. Assez surprenant tout de même. Aucune réaction notable de la part du prof devant les cris et le biberon. !?!?!!??

01 octobre 2006

Kasabian vs. Prime Outlet Center

Comme je l'écrivais précédemment, notre petite sauterie de jeudi à l'Holy Grail nous a permis de remporter 4 places de concert pour Samedi soir 8p.m. Précisons qu'il m'a suffi d'acheter une bière pour obtenir une place de concert, et d'aller en redemander une autre pour les deux dernières places de la soirée. Etaient donc présents Marion, Mathilde, Chering et moi-même. C'est tout de même remarquable de pécho des places gratuites pour un concert d'une valeur de 13,50$.
La salle du Bogart's était environ de la taille de la Trocardière à Nantes, ou 3 fois plus petite que l'Elysée Montmartre, et s'y réunissait à peine 150 personnes. Une première partie fort sympathique nommé One Thousand Pictures, issu de San Diego, ils ont payé leur petite photo. (Contrairement à un groupe de grosses baleines ricaines qui ont demandé au chanteur de LES prendre en photo, !!!).
Puis une deuxième partie intitulée Mew, originale mais un peu stridente due à la voix de castra du chanteur.
Et enfin Kasabian. Je connaissais deux-trois chansons sans plus. Sachant que j'avais les places, j'ai écouté le nouvel album gratuitement sur www.kasabian.com, ce que je vous invite à faire. C'était vraiment très sympa, ça nous a changé de la routine quotidienne cours-nourriture-soirée. Ils étaient à fond (dans la limite de ce que la taille de la salle et de l'audience permettait), péchus, le public s'en donnait à coeur joie. Bref, une expérience très interessante.


Indiquons également que nous nous sommes rendus samedi dans un Outlet Center, l'équivalent de L'usine à Roubaix mais en ouf. Un grand merci au coloc de Chalouf Kevin et son pote Brady pour avoir emmené ce gentil monde à tout de même 1h de bagnole (mais quelles bagnoles...). On ne s'attendait pas à quelque chose de si sympa et fourni en magasins intéressants pour nous: Nike, Ralph Lauren, Gap, Guess, Calvin Klein,... Plein de beaux habits pour tout le monde, cf photo.

Freaky Thursday

Jeudi soir, nous avons été témoins d'une formidable scène de la vie américaine, souvent narrée par des explorateurs audacieux mais jamais véritablement vu de mes yeux vus. Ici le jeudi, ce n'est pas ravioli, c'est le "Thirsty Thursday", traduisez par "Y fait soif le jeudi". Des hordes de jeunes déemparés se mettent donc à errer à le recherche de bibine et d'un bar sympa. Nous nous joignons gaiement à la coutume locale, étant donné que certains de nos compatriotes échoués en terre cincinnatienne avait testé un bar le jeudi-qu'y-fait-soif précédent. Le bar ravira les amateurs des Monthy Python puisqu'il se prénomme le Holy Grail.
Plantons le décor: grand comme le Calysto et servant des verres de 40cl de Bud Light à 1$, la population se met rapidement à s'échauffer et à danser. Les Américaines ont mis les plus belles robes de leurs petites soeurs et s'agitent telles des danseuses de clips de Sean Paul.
Et arrive ce qui devait arriver: un groupe de jeunes femmes pas effarouchées pour un sou commence à se tortiller, à se frotter les unes contre les autres. Spectacle qui nous dégoute plus qu'autre chose, nos yeux sensibles n'étant pas habitués à voir des fesses féminines se frotter contre la joue d'une copine.

Bilan de la soirée: des bières pas chères, de belles photos (à venir), et surtout 4 places de concert pour voir Kasabian au Boggart's (situé à coté du campus).

28 septembre 2006

Please Evacuate the building

Mercredi soir, 22h30. Je me couche tôt, comme un polard. 23h15, mon coloc rentre. 23h45, une sirène stridente retentit, suivi de ces mots prononcés par une voix enregistrée:"A fire alarm has been detected in your building, please evacuate as fast as you can."
Ayant déjà eu affaire à un exercice la semaine dernière, on se dit que c'est peut-être du sérieux, donc on se réveille tant bien que mal, on enfile un falzard et on rejoint la masse de gens dans les escaliers. Heureusement, je me situe au 4ème étage, donc ce n'est pas aussi galère que pour Marion et Pauline qui descendent elles du 12ème. A titre d'information sur la lenteur des procédures d'évacuation, lorsque je suis sorti, une minute plus tard est arrivé le 1er camion de pompiers, alors que Marion a croisé des pompiers dans l'escalier vers le 5ème étage.
Comme vous mes très chers amis, lorsque vous vous retrouvez dehors à minuit avec trois camions de pompiers, vous ne croyez pas à un simple exercice. On cherche du regard de quelle fenêtre s'échappent des fammes, on essaie d'apercevoir des corps chutant du sommet de la tour. Que nenni !
Après une enquête minutieuse constituée uniquement de bouche à oreille et de rumeurs, il s'avère que des individus ont joué au frisbee dans le couloir du 5ème étage, et ont littéralement décapité un sprinkler, ces petits gicleurs anti-incendie que l'on voie dans Piège de Cristal. Cet élément de plomberie Louis XVI s'est donc mis à asperger copieusement le couloir, mais a aussi trouvé la bonne idée d'inviter ses petits copains gicleurs à y aller de leur jus. Résultat, un véritable commandement du film de Michaël Youn pour quelques chambres des étages 5.4.3.2, les gicleurs ayant débité du litre à plein volume pendant une dizaine de minutes. Beaucoup ont perdu des éléments electroniques ou autres objets de valeur. Mais je n'ai rien, mes objets n'ont rien, tout est sous contrôle.
Moralité: il ne faut pas jouer au frisbee dans un couloir, seul le lacrosse est autorisé.

25 septembre 2006

Cincinnati Bus Tour




Dimanche nous avons eu droit à la traditionnelle visite de la ville en bus. Pour la modique somme de 5$, un déjeuner végétarien Subway nous attendait, ainsi qu'un grand tour dans un bus non pas climatisé mais réfrigéré.
Le grand Cincinnati est composé de vastes parcs et jardins, ainsi que des collines où s'étendent des quartiers résidentiels plutôt côtés. C'est très vert et agréable, et l'on dispose d'une très belle vue sur l'Ohio river et le centre-ville.
Le tour a commencé par un passage dans ces parc puis dans un gigantesque centre hospitalier, pour montrer que Cincinnati était très fier de ses services de pointe dans le domaine médical. La maison Ronald Mac Donald nous a bien tapé dans l'oeil. Puis nous sommes passés à côté du zoo de Cinci, "un des meilleurs des USA", "1 million de visiteurs par an"...
Ensuite, le désormais classique passage par les quartiers qui craignent, à la boyz in the hood. Mais "Cinci fait de son mieux pour réhabiliter ces quartiers qui posent un véritable problème de société". Les phrases entre guillemets sont bien entendu extraites des propos de notre Jacky de guide. Etant passés à travers le downtown de Cinci un dimanche, il n'y avait donc pas âme qui vive, quechi, wallou. Mais le centre est assez sympa, il reste dimensionné à échelle humaine, même s'il ne faut pas chercher une quelconque ressemblance avec nos vrais centre-villes. A noter: un des ponts de Cinci est le prototype du Brooklyn Bridge de NY.

Puis un dernier passage par un lieu conceptuel étrange: la gare. Cette énorme bâtisse Art Déco sert à la fois de gare, de cinéma, de magasins de souvenirs, et de Musée d'Histoire.